Merdiquetation sur Halloween

Publié le par Ab'alone

"Trick or treat?" C'est avec émotion que je me tourne vers mes douze ans, vers les sacs de brown paper tendus à la manne, et mes potes yankees qui me déconseillaient d'ouvrir la bouche, attendu mon accent : j'allais me faire repérer! Manifestement, tous ces chocolats, bonbons acidulés, pâtes de fruits, tenus at hand derrière la porte, les mémés souriantes les réservaient aux rejetons de l'oncle Sam. Ça me choquait un peu à l'époque : après tout, eux-mêmes étaient nos hôtes. Pourtant les modalités de la fête me semblaient bougrement excitantes, surtout les tricks! et je trouvais dommage que nouzauts' les indigènes n'en fissions pas autant. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis! Car autant je persiste à louer l'Halloween authentique, ès-lieux où s'il n'est né (puisqu'on nous bassine d'une origine bretonne) il est au moins acclimaté depuis deux siècles, autant je vomis la servile copie produite par cette colonie de décérébrés qu'on nomme la France. France-Coca, France-MacDo, France-Halloween. Quelle pitié! Nous manquons de fêtes, c'est vrai : mais ne pourrions-nous en inventer, ou en raviver (notre passé en est riche) au lieu de nous vautrer, en véritables singes que nous sommes devenus, dans cette imitation abjecte? "Ça plaît aux enfants", oh ça, je le crois bien : comme les "grindes marques", et la souris aux gros panards, et autre mille conneries. Quand l'enfant fait la loi, le peuple retourne en enfance. On me souffle que les Ricains nous ont déjà refilé le Père Noël : mauvaise raison, et d'une; et de deux, j'ai plus qu'un doute. Ouvrez les Mémoires de George Sand, tome I en Pléiade, p. 532 : "Ce que je n'ai pas oublié, c'est la croyance absolue que j'avais à la descente par le tuyau de la cheminée du petit père Noël, bon vieillard à barbe blanche, qui, à l'heure de minuit, devait venir déposer dans mon petit soulier un cadeau que j'y trouverais à mon réveil." Aurore était mouflette autour de 1810, et certes à cette époque l'Amérique n'était pas en mesure de nous fourguer ses surplus de merveilleux. On lui devait la patate, le maïs, le chocolat et les haricots, c'était déjà bien beau, et je l'en remercie tous les jours, surtout du number one.…………… Et puis quoi (mais c'est lié), "de mon temps", on se noircissait la frimousse de bouchon brûlé, on se fabriquait des haillons avec de vieux draps, éventuellement on évidait une VRAIE citrouille – ou on dotait d'éclairage un crâne (je l'ai encore) volé au cimetière : on ne trouvait pas tout ça en kit en en plastique au supermarché du coin. Il y avait du tentant dans les boutiques assurément, mais les boutiques n'avaient pas encore tué la créativité, à coups de saloperies promptement jetables, histoire de racheter les presque-mêmes l'année suivante. Le désir des enfants, après tout, d'accord, quand il monte de leurs profondeurs : l'adulte est un mythe, nous sommes tous des enfants autodomestiqués. Mais là! Qui pourrait ne pas voir, en filigrane des "chères têtes blondes", le margoulin suiffeux qui les a prises en otages et se frotte les mains? qui tue l'enfance en la gavant de sa merde? Céline : "Il n'y a jamais eu de fête véritable que pour le commerce et en profondeur encore et en secret. C'est le soir qu'il se réjouit le commerce quand tous les inconscients, les clients, ces bêtes à bénéfices sont partis, quand le silence est revenu sur l'esplanade et que le dernier chien a projeté enfin sa dernière goutte d'urine contre le billard japonais. Alors les comptes peuvent commencer. C'est le moment où le commerce recense ses forces et ses victimes, avec des sous." Encore n'avais-tu rien vu, mon pauvre bonhomme! Et nous non plus, peut-être : tout n'est pas encore d'équerre, les sommets du suivisme niais et consumériste ne sont pas encore atteints, et peut-être un jour notre nostalgie se tournera-t-elle vers 2005, regrettant un reste d'interstices par où passait, par où passe encore, le vent coulis de la création.
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Publié dans Socio de basse-cour

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C
Tes bonbons à ma disposition?? rôôôôôôô... bah dis donc, t'es trivial sur ce coup là... <br /> Dire ça à une morte de faim, faut être inconscient...<br /> Bon sur ce, je vais guetter les racketteurs de mes carambars, et protéger le butin... Si je ne suis pas là demain, tu peux m'écrire en garde à vue, y'aura peut-être eu voies de fait.<br /> Happy Hall... non je blague!
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A
St Nick, ouais, mais qui serait allé se refaire une santé à New Amsterdam… Askondit.<br /> Mes bonbons sont à ta disposition!
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C
Bonjour kamarade d’indignation !<br /> On vient de vomir sur la même chose au même moment, la date s’y prête... Askiparai le Père Noël serait le Saint Nicolas nordique et saxon… askiparai…<br /> J’en profite d’être à ta porte… T’aurais pas des ptits bonbons pour moi, steuplait ?<br />
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