Wie Crottidienne 2 : Caffè doppio

Publié le par Ab'alone

Sans doute me suis-je rendormi, car, clic, schlop, il est deux heures du mat, deux et demie, parfois trois les nuits fastes : au moins, la journée officielle a commencé. Pouce au pouls, plutôt moins dispos qu'à minuit, mais le formalisme règne dans ma cervelle avariée : debout! Caoua! Deux tasses bien serrées sur ma petite Krups à pompe (pub bénévole) âgée de cinq ans et rafistolée de partout. Pas absolument la qualité ritale, mais très buvable tout de même, et d'une indéniable vertu laxative : rien que de le humer, on court aux gogues. Marque? Tour de main? Je serais mal venu de vous donner des conseils, car il semblerait qu'on ne revienne pas deux fois à mon jus. Mon beauf en a tâté à notre dernière rencontre, piéça, et il a fait esclaffer la tablée, à la fin du repas suivant, quand il a répondu à ma question rituelle : "Café ou pisse?" (C'est-à-dire MON café ou votre lavasse Melitta) : "Euh… une pisse pour moi", en faisant mine de comprimer son cœur emballé. Ces pauvres Franchouillards doivent être bien malheureux en Italie, et ne parlons pas des Allemands, des Scandinaves et des Américains!……………… Première tasse dans la cuisine, à l'ordinaire : je rassemble mes débris : la version nocturne de M. Ego ("pauvre nul, dernier des derniers, même pas capable de, comme tout le monde", etc, le tout fort bien argumenté et plutôt implacable) se dissipe peu à peu, non qu'elle perde sa pertinence : simplement je l'oublie… jusqu'à ce soir, et d'abord en pensant un peu aux autres, si, si, ça m'arrive! mais rarement, il faut l'avouer, avec toute la mansuétude requise par "l'idéologie du sympa". Aux tuiles à venir aussi je songe, pas de sécu, pas de boulot (j'y reviendrai), à la merci d'une appendicite ou d'une inflation… Bien longtemps qu'On ne m'a pas emmerdé, c'est curieux, "ils" doivent regrouper leurs forces pour une méga-offensive… Ça, c'est l'ubac; sur l'adret, un mince espoir (vraiment tout mince) de courriel sur Yahoo!, de "coucou!" (oups, pardon : de "kikoo!") sur diarrhy… de quelqu'un à qui être utile, de quelqu'un pour qui compter… Retour d'ego, la bonde refoule!.…………… Deuxième tasse au balcon, s'il ne pleut pas trop fort. De la proue de mon nid d'aigle (XVIIIème et dernier étage), si les métaphores ne jurent pas trop, je domine les faibles loupiotes de ma banlieue. À gauche, la ville (20 minutes à pinces) et la montagne sombre, à droite, à six ou sept bornes, la mer… "Là-bas tout au loin, c'était la mer. Mais j'avais plus rien à imaginer moi sur elle la mer à présent." Moi non plus, Ferdinand : l'aventure géographique, je m'en suis gavé, elle ne mène à rien, si, comme disait l'autre, on "s'emporte avec soi". Un petit regret pour Sulawesi, Flores, Kounboum, Lalibéla, les Kerguélen? Un petit revenez-y pour Maurice, sur les traces de ma seule portion de bonheur? Mieux s'abstenir, c'est un jeu perdu d'avance, le bonheur ne ressuscite pas, il nous vient des autres; et bien assez de barrières me séparent d'iceux pour n'y pas ajouter celle de la langue et de l'intérêt sordide… "I don't care for money! I care only for friendship!" Cause toujours, mon pote, ça sent la taxe double! Ton Taj, ton wat ou ta mosquée, je les trouverai tout seul… sur le ouaibe, désormais, ou dans un livre d'images…………… C'est l'heure creuse, entre le fêtard et le bosseur; l'autoroute proche ronronne en sourdine. Deux nuits sur trois, le vent porte une fragrance de pinèdes, d'où venue? je l'ignore, et ne comprends rien à ses variations. Parfois, entêtante à mourir. Le cadeau des Ténèbres. Raaah! Je fais mine de m'en emplir les narines, de succomber à "l'extase matérielle", mais au fond pas un instant je n'oublie que je m'en fous, que ma volupté ne tient pas la route, n'aurait de sens qu'en compagnie d'une fillette "et que j'aime, et qui m'aime", avec qui la partager… et qui la rendrait superflue. Je ne crois pas aux ermites : j'en suis un.…………… Su! Assez mélancolisé! Il est temps d'allumer mon maître-et-esclave, Mr Big-secret-shit, alias Noyau-de-nuit, mon IMac démodé, qui démarre avec des râles d'agonie depuis six mois, mais ne se décide pas à mourir, lui non plus… À suivre! Il n'est que deux ou trois heures et quart : à ce rythme, le feuilleton risque de durer.
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Publié dans Wie Crottidienne

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A
Sa c janti mersi chte répon dan pa lontan mé toi t odssu dé komm c la sagesse kwa on trouv lé valeur en swa jan sui loin.
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C
kikoooooo ! :-)
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