L'ingénu au forum
Pour essayer de résoudre mon problème d'alinéas, et si possible rendre ma prose plus digeste, je suis allé faire un tour sur les fora, ou les forums, halte à la cuistrerie! Et je vous assure qu'il m'a fallu plus de courage pour oser poser ma question, et surtout répondre mes conneries aux obligeants modérateurs insomniaques ou québécois (je me connecte surtout la nuit) que pour escalader en solitaire et sans matos une falaise non frayée. Évidemment ces lieux grouillent de virtuoses de l'informatique, science qui hélas m'inspire une répulsion, un ennui presque égaux à celui que provoque en moi la Bible : j'ai beau me répéter que deux millénaires s'en sont nourris, qu'on ne comprend rien à rien si l'on néglige les racines, c'est plus fort que moi, deux versets me font tomber en catalepsie, et je n'ai guère pu venir à bout que du Pentateuque, de l'Ecclésiaste et des Évangiles. Même Saint Paul, auquel le Christianisme doit plus qu'à Djay-ci soi-même, ne m'accroche pas jusqu'au bout de la page : je crains qu'Yahwé n'ait endurci mon cur, comme celui de Pharaon, et que ça ne L'empêche pas de me punir : vous verrez que la justice sera aussi mal foutue là-haut qu'ici-bas. Et l'effet soporifique des manuels d'informatique est un peu similaire : même le Mac pour les nuls, qui comme son nom l'indique, s'adresse aux gens de ma sorte, je ne parviens pas à y trouver ma question, a fortiori ma réponse!
Ce qui surprend tout de même, c'est que l'immense majorité des trapus en informatique ne savent QUE ÇA, que le ouaibe est saturé de bavardages purement techniques, et le monde des blogs d'olibrius (ou d'olibrii) qui ne maîtrisent que les MOYENS, mais n'ont absolument rien à dire, et pour qui la créativité se résume à des tripatouillages de disagne, ou à révéler au monde ébloui leur mignon minois et leur beau voilier. Et le plus étonnant, c'est la subversion des valeurs : non ce qu'ils font, à chacun selon ses moyens, mais qu'ils estiment que c'est MIEUX de faire ainsi. Parmi des kilomètres de ronchonnements relatifs à je ne sais quelles pénalités imposées sans préavis aux blogs "lourds", je lis ça : "Alors ceux qui ne mettent que du texte sont favorisés! Bonjour la créativité!" Sic! Pour ce type et ses pareils, si Proust ou Shakespeare se pointaient sur Overblog, ce seraient des ringards pas fichus de faire clignoter leurs titres ou de les environner de grenouilles sauteuses. Quoi? Juste des MOTS! Quelle banalité! En somme, "créer", c'est savoir se servir des outils tout faits que le commerce met à votre disposition, tout comme on se donnerait "un look original" en se vêtant de prêt-à-porter. Je n'en fais pas un drame, mais il me semble que jadis les raseurs qui nous projetaient leurs photos de vacances ("là c'est moi devant le Parthénon") ne se croyaient pas plus de talent que Dali, même s'ils avaient de quoi s'offrir un beau gros Nikon doté de CLXXXV fonctionnalités.
Autre sujet de surprise : les récriminations continuelles. Je ne donne pas ma part aux chiens, on l'a vu, mais je reste bleu devant ces roquets à qui on offre sans condition un espace gratuit, l'occasion de se faire connaître en dehors du cercle de leur famille, et qui se plaignent à tout sujet. Ça dysfonctionne? Les stats ont disparu? Eh! Ce qui reste n'est-il pas mieux que rien? À cheval donné
Que ça rapporte en fin de compte au fournisseur d'accès, je le suppose, et m'en réjouis pour lui; mais POUR VOUS qui passez votre vie à payer (des impôts, par exemple) sans rien obtenir en échange, vous pourriez célébrer un peu mieux le beau jour où c'est
presque le contraire! Mais non : "Tout ce travail perdu! Quelle injustice!" On tombe des nues : c'est celui qui reçoit qui se prend pour un mécène.
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