Grippe aviaire et myxomatose humaine
Je ne sais plus dans quel bouquin (mais si! C'était un Robert Charroux, à l'époque bénie où je gobais ça sans verre d'eau!) m'avait fasciné jadis une recette de myxomatose humaine : pilez quelques organes de lapin tout fraîchement décédé de la myxomatose; alimentez quinze jours avec du sang de lapin, auquel vous mêlerez du jus d'homme en proportion croissante, en espérant que quelques microbes opéreront leur conversion
Encore un petit mois au régime nouveau
Et, si vous êtes encore en vie, allez lâcher la fiole au cur de quelque foule bien dense, match de foot ou concert à Bercy, vous avez quelque chance de liquider une bonne moitié de l'humanité. Quoique fort misanthrope en ce temps-là, je n'avais pas sérieusement envisagé la mise en pratique : les connils à trucider constituaient un obstacle suffisant. Mais le scepticisme m'a gagné depuis : si c'était vraiment réalisable, comment expliquer que sur tous les tordus qu'abrite notre charmante planète aucun n'ait essayé et réussi? D'autant qu'il s'agit d'une extermination plutôt facile à mettre en uvre à la campagne, pour peu qu'on dispose de quelques clapiers et de quelques voisins.
Les Japonais auraient, dit-on, en 39-45, travaillé avec ardeur sur l'arme bactériologique, en Corée, en utllisant leurs prisonniers comme cobayes, sans parvenir en fin de compte qu'à trucider quelques dizaines de Chinois. C'est quelques dizaines de trop, certes, mais on est frappé du fossé qui sépare les ambitions et les peurs de la nuisance réelle.
Quel rapport avec la grippe aviaire? Nul n'a prétendu qu'elle fût l'uvre d'un savant fou. Mais ici comme là l'on s'étonne d'un hiatus : des voix autorisées ne craignent pas de nous annoncer, rien qu'en France, 20 millions de malades et 200000 morts; or cet épouvantail, depuis deux ans qu'on l'agite, a tué en tout, si mes infos sont exactes, 70 humains en extrême-orient, c'est-à-dire dans des pays beucoup plus peuplés et nettement moins protégés que le nôtre
C'est toujours trop, mais cancer, SIDA et choléra ricanent qu'y a pas photo. Il n'y a pas si longtemps, nous devions tous crever de la vache folle; à présent c'est la volaille
reste le cochon. Comprenez-moi : je ne prétends pas m'y connaître, et encore moins jouer les Paco Rabanne au petit pied; je me laisse un peu aller au charme de la provoc et de la bêtise, encouragées par l'anonymat du blog, la rareté et le mutisme des visiteurs; reste qu'à ce jour je n'ai jamais vu tomber les tuiles prévues : toutes celles qui font mal viennent des toits qu'on ne surveillait pas.
Je profite du prétexte pour téléphoner à ma mère, histoire que ma facture bimensuelle ne se limite pas à l'abonnement sec : la pauvre vieille reçoit du monde, et lui offre un poulet! Tout va bien : le Français moyen ne cède pas à la panique.
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