Dieu et les boules Quies
Jeanne-Marie Arqué, veuve Crozat, domestique dans une ferme, est sourde comme un pot depuis une vingtaine d'années. Elle n'entend RIEN, et c'est par gestes probablement qu'on l'informe, en 1858, des cures qui s'opèrent à la grotte de Massabielle, toute proche : elle s'y rend, et demande à une voisine de lui injecter dans les conduits auditifs un peu d'eau miraculeuse. Or la seringue n'est pas vidée que déjà la tête de Jeanne-Marie s'allège, elle oit le chant du Gave, et quinze jours de traitement plus tard, tout le reste, "aussi parfaitement, dit-elle, qu'avant sa maladie"! Quelle maladie? La voisine serviable aide au diagnostic, en précisant qu'elle a vu sortir des oreilles "des matières mêlées de sang caillé", et de l'une d'elles "une espèce de bouchon". Le chanoine Baradère reconnaît que ce "défaut de propreté" fragilise un peu le miracle. Mais n'est-il pas clair, cependant, que c'est à une "miséricordieuse inspiration de Dieu", sic, que la veuve a dû l'idée de s'inonder les oreilles pour la première fois, peut-être, depuis sa naissance?
Publicité