La pelle de la nuit

Publié le par Ab'alone

La nuit m'a roulé une pelle
au vin rouge à la sueur glacée
au milieu des poubelles
et du chant des sirènes
Ça s'oublie au matin ça s'oublie
moins que rien
mais il y a des nigauds
qu'elle aura creusés à jamais....

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Entre les planches disjointes
Une mince volute
et l'odeur de l'aïeul.

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Neige… Les oiseaux
n'acceptent d'entrer
que pour mourir de chaleur.

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J'ai semé sept hivers d'enfants morts
Et la récolte, passant mes espérances
A défoncé le champ et envahi la ville
Où s'endorment de grands édifices
Rongés par la berceuse amère de la vérité

Les ruines sont un peuple accueillant
Son langage est clair, sa pensée fraternelle

Je suis fou des cataclysmes
Et n'ai jamais craché sur une inondation
Et nul crime ne passe mon impuissance

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HÉSITATION

Attendu l'épaisseur de la nuit
Attendu la fixité du regard
Attendu l’encéphalogramme plat
Attendu les vers
Attendu le gel des petits vaisseaux et le phénomène de pancake ice manifeste au niveau de l’aorte
Attendu l’entière virginité du miroir aux alouettes
Attendu l’effacement complet des réflexes d’espoir, de rancœur et de regret

Mais attendu que le sujet se tient pour décédé
que le sujet se tient
que le suj-est, etc, etc

La Cour réserve son verdict et demande un supplément d’enquête.

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KAKIS

Kakis sur fond d'automne
Oubliés sur la branche
Méprisés méconnus
Dans l'orange des feuilles

Kakis couverts de neige
Vidés par les moineaux
Lamentables lambeaux
De cervelle gelée

Kakis que kakis qui
Vous mon cœur vous mes yeux
Un dessert de rayons
Dont on n'a pas voulu…

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Quand tu dors tes ailes se déploient
Une brasse ample et majestueuse
T'affranchit de la pesanteur
Te dépose au XVIIIème étage
Et c'est tout naturel
Pour la foule épatée
Que tu sois seul à détenir ce secret.
Au réveil c'est lui qui s'envole
Tu ne le regrettes pas
Non pas lui mais son frère
Celui de faire le trajet
En sens inverse
XVIII étages, XVIII étages
Et alors? Et après?
C'est l'affaire d'un mot de passe
D'un abracadabra
Du facile coup d'aile qui t'arrache à la peur.

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Si j'obtenais que ma parole fût la MORT
Couperosé d'orgueil...
Mais je ne suis qu'un papillon noir
Et ma bise du Nord est un battement d'ailes.

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Tous les jours pas rasé de deux jours
Chaque année perdre toutes ses illusions…
Et si je reste en plan mourir et remourir
Oui ça tourne à la scie et la scie me tronçonne
Et la mort se cabre encor dans les tronçons

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Le malheur des années passées
S’est embusqué au sortir des bois
Enragé surarmé
Voyageur!
Tu patauges en vain
Sur les sentiers de longue attente
Tu piétines la neige
Pour en faire du pain
Pour en forger des armes
Boules sans force et sans vertu
Ton cœur éclatera au sortir des bois
Ton sang reverdira la clairière
Mille oiseaux moqueurs célèbrent d’avance ce printemps-là.

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Un mois de vie dans un sourire du vent
Un an dans un baiser de l'herbe
Et tu fais traîner tes fiançailles avec la terre?

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LOT

Un corps aux chemins trop frayés
état d'usage
+ une gueule qui s'est mirée dans toutes les mers d'huile
+ une âme couverte d'étiquettes
comme un passeport à prétentions
+ + de souvenirs que si j'avais mille ans

Ctre Npte quoi mais DU NEUF.

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Je m'emmerde en moi comme en un manoir trop connu
Les détours les couloirs ni les petites lampes
N'amusent plus le seigneur de ces lieux
Mes pantoufles ont appris par cœur les raccourcis
Je sais les tiroirs secrets des secrétaires
Les hiboux des combles, et quels os
Gémissent à la cave sous la terre battue
Tous les fantômes me tutoient et m'appellent Joe
Le soleil du solstice atteint la onzième latte exactement
Et jamais jamais n'effleurera la douzième
À moins d'échancrer les fenêtres
De jeter bas ces tuiles et ces tourelles
Raser de fond en comble un mirage entêté
Et de semer des pois sur le champ des ruines

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L’ombre de l’étranger
A pris résidence
Au fond du miroir.

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Qu'y avait-il donc, que tous ces chiens ont fui vers le désert?
Le remous des abois sature encor le soir
L'odeur de ton angoisse en moi n'est pas éteinte

Mais la dune flamboie sans éclairer mon cœur
Mal informé des peines
Ignorant des dangers
Sourd même aux vraies questions

Professeur de désarroi
Diplômé d'égarement
Je scrute un nuage de poussière

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Je voudrais être une herbe inutile, un roseau
Que fait baller le vent des propagandes
Et penché sur le néant des marais
Me laisser gagner par un vertige...

Je veux que le brouillard me nappe et m'envahisse
Que s'abolisse le mystère
Qui faisait de mes yeux des yeux
Que les veules vallées et les pics prétentieux
S'engloutissent...

Je retournerai à la couche originelle
Où le corps et les draps sont tant mêlés
En sommeil s'évanouit l'illusion légère
De m'en être jamais levé...

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J'habiterai ce trou plus noir, à gauche des enceintes!
ou un sentier, tout au sommet de la cathédrale
obstrué d'édredons maçonnés...

Et ni le grand colloque des cafards
ni les chants des nantis qui montent aux culées philosophiques
ni la formidable infanterie des travailleurs
n'atteindront mon âme atrophiée...

Rien, ni la douceur des filles
que j'avais tant à cœur
ni le tout premier tremblement de l'aurore...

––––––

Le jour où tous ces trains de marchandises
où tous ces voyageurs verbeux
ne transiteront plus par mon crâne...

Le jour où pendront débranchés
les haut-parleurs du devoir, de l'amour
et de la liberté

Le jour où je ne serai plus
qu'une petite gare de campagne envahie par les ronces
devant la cicatrice des voies arrachées...

––––––

Il leur a proposé de disparaître
Pour apparaître au moins dans la délibération
R'lative à sa disparition

Peut-êt' qu'on l'aurait envoyé paître
Mais on s'est mêm' pas posé la question
Car on n'a pas r'çu sa proposition

Ce gus qu'aspirait à naître du non-être
Nul n'en sut un mot, et pour en fair' mention
Faut déjà un peu d'imagination...

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Publié dans Tut! Poète!

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