Une correspondance
L'échange que voici, ô "Judas", faisait suite à l'article "Ce blog avait deux mois", du 27 novembre 2005, où je gémissais de récolter si peu de réactions : d'abord un com' avec P.S. sur le blog même, et la réponse; puis quelques courriels. Je n'y change, naturellement, pas une virgule. Mais le respect du document n'implique pas que je relise cette prose avec plaisir.
Xix > Ab'alone (28/11)
Ca cest gonflé ! Espérais-tu vraiment que le public blog se délecterait de tes textes souvent longs et ma foi moins accessibles que les albums de photos perso ou autres blogs de voitures tunées ? et quil te le ferait encore savoir ? Nas tu pas au contraire pleinement conscience, trop peut-être, de donner ta confiture à des cochons ? Et de ce fait, le lecteur se sent à mon avis naturellement « pris » par une odeur hostile ; sous tes relances, il déchiffre le message que tu diffuses malgré toi : « aimez-moi, vous au moins aimez-moi, la bande des cons ! ». Personne na envie de se sentir « bande de con » quand même il en fait intimement partie.
Ensuite, je pense que laspect très personnel de tes thèmes peut faire peur : « qui est-il pour nous éclabousser de son intimité, de cette franche cruauté envers lui-même et envers les autres ? » Pour ma part, je me garderais bien daviser un inconnu sur la meilleure méthode de suicide ni de lui souffler le bon mot avant den finir.
Enfin, est-il si anormal de ne pas poser son cul sur un radiateur qui souffle le froid ? Il existe un drame personnel qui est justement dosciller entre lappel désepéré à plus de « chaleur », dattention, de compréhension, et le plaisir de griffer. Je connais plusieurs personnes qui en souffrent, et malgré la fascination que procure lobservation du « cas » et le fait de savoir que le « malade » en souffre autant quil fait souffrir les autres, on préfère en général, si on est sensible (et donc vulnérable) finir par tourner les talons, ayant assez à faire avec soi-même. Que penses-tu dun ami qui se donne peu de peine pour « aimer les autres comme ils sont » et ne se gène pas du tout pour leur faire brutalement savoir, et qui dans le même temps considère comme allant de soi que le reste du monde subisse son comportement doriginal sans lui demander de mettre de leau dans son vin. Cest justement le cas auquel jai à faire en ce moment, et il me semble que dune certaine façon, tu ten rapproches.
Xix > Ab'alone (28/11)
Oups... Clarification : quand je dis "Cest justement le cas auquel jai à faire en ce moment" je ne parle pas du tien mais de celui d'un ami, à qui tu dois sans doute ressembler, ce qui m'a poussé à réagir. Me fais-je clair ?
Ab'alone > Xix (28/11)
Assez clair dans lensemble, et cette implacable mercuriale est pleine dintérêt. Tu serais étonné que je lavalisasse, et je me garderai de tétonner. Reprenons-la donc point par point, du moins ce que jen saisis : si je me plante, tu pourras toujours rectifier.
Dabord, cest ton affaire de tenir le public blog pour uniforme : il y a place ici pour tout le monde, et je nai ni le désir ni limpression de jouer dans la même cour que ceux qui publient des recettes de cuisine ou les scores du dernier Béziers-Ouagadougou. Ils ont le droit de vivre, et ce nest certes pas moi qui le leur contesterai, dès lors quils ne contestent pas le mien. Je nattends certes pas quune majorité se délecte de mes textes, et ceux qui trouvent la simple longueur dissuasive nont quà sen aller. Jai assez répété, ce me semble, et dans cet article même, que les foules de visiteurs ne mintéresseraient que par les chances supplémentaires quil sen trouvât un, un seul (une de préférence!), qui comprît et dialoguât de manière un peu moins condescendante que toi, si possible, mais cest déjà mieux que rien, et japprécie vivement ton franc-parler, même sil na pour principes que le désir de blesser et lillusion de supériorité que pour ta part tu me prêtes si généreusement. Ce qui me déplaît davantage, cest que le prétendu dévoilement du message secret : Aimez-moi, bande de cons! saccompagne de sa condamnation, selon le mode ordinaire de len fait tu je trouve ça ignoble. Il me semble quil faudrait attendre au préalable que jentérine ledit message, et ce nest pas le cas, il sen faut. Jai un peu chahuté quelques personnes qui, après une lecture hâtive, répondaient à autre chose que ce que javais écrit : induire de là un mépris de tous ceux qui pourraient répondre est une absurdité : pourquoi alors solliciterais-je sans relâche le dialogue, pourquoi même continuerais-je ce blog? Est-ce que, TOI, tu te sentirais con, ou, disons, opprimé en me lisant? Jai peine à le croire, attendu lOlympe depuis lequel tu me foudroies, mais je ne vois pas sur quoi dautre tu peux asseoir ton prétendu dévoilement non seulement du sentiment de gens qui ne tont pas mandaté, mais de mes intentions secrètes.
Et lon retrouve partout ce souci des positions respectives sur je ne sais quelle échelle : Qui est-il, pour nous éclabousser de son intimité? Mais personne, cest assez clair, quun solitaire et un raté : je nai pas de licence à exhiber, et si mon intimité téclabousse, tu nas quà passer ton chemin. Il se trouve quen tant que membre (atypique, peut-être) du public-blog, cest ce type dintimité torturée (et parfois agressive) que je recherche, qui me passionne, et je lai parfois trouvée. Si elle ne tapporte rien et si tu nen vois pas la finalité, je ne saurais que tapprouver de tourner les talons. Je me demande parfois si mon goût de curer les biefs et de mettre les lies au jour ne masque pas une forme de sadomasochisme, mais à voir comment tu tranches le cas sans te poser la moindre question, sans même remarquer, dirait-on, que cette volonté de vider la coupe pourrait prendre source dans un désir de transcendance et ce que jappelle optimisme profond, jai limpression que tu ne cherches quà prendre barre, et ne vois plus trop lintérêt dune pareille caricature de dialogue : sil ne sagit que de dire que mes textes sont shocking, pas sympa, et oppressifs quand on est obligé de recourir au Robert, je le savais, merci, passons! et attendons encore quelquun (car cest tout ce que jespère dun mec) qui veuille bien discuter les thèses et arguments proposés sur des sujets tout de même assez divers, quelquun quéventuellement (eh oui! jusque là va mon outrecuidance!) jaiderais à lire en lui-même, à se dépasser à charge de revanche! Le tout-à-lego, je lai assez répété, ne mintéresse même pas moi-même, sil ne concerne que moi. Mais personne nest obligé de se reconnaître. En revanche, je suis bien libre, moi qui naspire (ou crois naspirer) quà léchange (même sil est aussi combat, mais pas au combat SANS échange) dannoncer que je fermerai boutique dici peu si je ne lobtiens pas. À te lire, nul ny perdra rien.
Xix > Ab'alone (30/11
Bonjour,
Jai lu ta réaction à mon message et il me semble quil y a eu incompréhension. En toute bonne foi, je ne visais pas du tout à te blesser ni à te « foudroyer » du haut dun Olympe quelconque. Aucun désir de "m'en payer une tranche" en toute gratuité. Jai de lestime pour ton travail, et nulle part nai écrit quil pouvait disparaître sans que personne sen porte plus mal. Je voulais simplement avancer les raisons qui de mon point de vue, font que tu as moins davis en retour que tu ne le souhaites (cest le propos de larticle auquel je répondais non ?). Faut croire que je nai pas su exposer clairement mes propos, et de ton côté tu nes peut-être pas épargné du phénomène de « lecture hâtive » comme tu lappelles. Je suis sincèrement désolé si tu as pris cela pour une invective.
Je ne me sens ni con ni opprimé en lisant tes textes, que ce soit leur « longueur » complexe ou « léclaboussure dintimité ». Sans quoi je ne reviendrais pas si fréquemment. Mais cest un fait que ton blog est moins accessible que dautres plus « communs » (et donc plus intéressant à mon goût). Et quand je dis que tu «éclabousses», je ne parle pas de mon cas mais je cherche à comprendre ce qui peut rebuter les gens à te sauter au cou. Tu exhibes dans tes textes une vérité très crue, une souffrance non seulement narrée mais bien réelle. Bravo pour cela, maintenant tu parles souvent de la mort de manière intime encore une fois, et cest là un sujet délicat sur lequel les lecteurs (y compris « ceux qui te comprennent ») réfléchissent à deux fois avant de « balancer un com ». Cet inconnu qui parle de suicide, on ignore quelle distance il met entre ses propos et ses actes et on sen voudrait davoir une influence dans un sens ou dans un autre. Cest un exemple, mais cette intimité fait partie des raisons pour lesquelles on peut sabstenir de te faire savoir son avis : pudeur, prudence, ou simplement sentiment quon nest pas légitime pour ouvrir sa gueule.
Alors oui, ceux qui naiment pas nont quà sen aller, je suis entièrement daccord. Cest sans doute ce quils font, sans laisser de commentaire.
Enfin, pour ce qui est du « message secret », je ne cherchais quà te signaler que sans t'en rendre compte sans doute, tu libellais tes appels à léchange sur un ton dissuasif, qui laisse penser que tu nes pas si ouvert à léchange. Entre les lignes, on lit que tu nes pas particulièrement « chaleureux », et même assez dur avec certains qui réagissent (jen suis la preuve !). Je ne suis pas seul à avoir trouvé ça (cf. Claudia Chiffon) et je suis surpris que cela tétonne puisque je tai déjà lu avouer que tu te fâchais facilement avec les gens. Nul nest tenu dêtre « chaleureux », je ne le suis pas non plus et les gens prennent souvent cela pour de la prétention. Je ne tincrimine pas du tout de cela, simplement cela peut justifier que là encore les gens ne laissent pas de commentaires.
Cest cela qui me poussait à te dire que tu me paraissais de ces personnes exagérément sensibles au jugement extérieur alors même quelles se permettent davoir la dent dure avec les autres. Doù ma comparaison avec cet ami, qui pour avoir un besoin constant de parler de lui, et pour être ultra-sensible à ce quon approuve ce quil est, ne se retient pas pour dénigrer systématiquement ce que font ceux qui lécoutent. Je ne dis pas ça comme une insulte mais comme un éclaircissement possible sur toi-même, une piste à explorer, dans la réserve où je peux connaître quelque chose de toi. Nest-ce pas justement ce dont tu parles : écrire pour sentreaider à lire en soi ? Je suis certain que ce paradoxe dans ton ouverture aux autres ne t'est pas tout à fait étranger : tu poses toi même ces questions à la fin de ton message : « moi qui naspire (ou crois naspirer) quà léchange » : aspires-tu en effet "de tout coeur" à cet échange que tu invoques, y es-tu réellement prêt ? Nas pas jusquà présent été « prof » indécrottable vis-à-vis des autres ? Et quand tu dis vouloir « aider quelquun à lire en lui-même, à charge de revanche », tu crois véritablement au « à charge de revanche » ? Quant à léchange-combat, na-t-on pas intérêt, quand il apparaît, à le prendre pour « combat sans échange » et à le fuir, pour fuir léchange lui-même ?
Il serait bien sûr présomptueux et ridicule de croire « touvrir les yeux » et te cerner en quelques questions. Je ne te connais pas, et mon âge relativement jeune ne me met certainement pas en meilleure position que toi pour comprendre quoi que ce soit. Ce ne sont que des pistes que je te donne et je serais simplement soulagé que tu me croies quand je dis que mon précédent message ne visait pas à te dénigrer, voire heureux que tu acceptes ce présent mail comme « échange », en passant outre lindélicatesse de mon intrusion.
Cordialement.
Xix > Ab'alone (28/11)
Ca cest gonflé ! Espérais-tu vraiment que le public blog se délecterait de tes textes souvent longs et ma foi moins accessibles que les albums de photos perso ou autres blogs de voitures tunées ? et quil te le ferait encore savoir ? Nas tu pas au contraire pleinement conscience, trop peut-être, de donner ta confiture à des cochons ? Et de ce fait, le lecteur se sent à mon avis naturellement « pris » par une odeur hostile ; sous tes relances, il déchiffre le message que tu diffuses malgré toi : « aimez-moi, vous au moins aimez-moi, la bande des cons ! ». Personne na envie de se sentir « bande de con » quand même il en fait intimement partie.
Ensuite, je pense que laspect très personnel de tes thèmes peut faire peur : « qui est-il pour nous éclabousser de son intimité, de cette franche cruauté envers lui-même et envers les autres ? » Pour ma part, je me garderais bien daviser un inconnu sur la meilleure méthode de suicide ni de lui souffler le bon mot avant den finir.
Enfin, est-il si anormal de ne pas poser son cul sur un radiateur qui souffle le froid ? Il existe un drame personnel qui est justement dosciller entre lappel désepéré à plus de « chaleur », dattention, de compréhension, et le plaisir de griffer. Je connais plusieurs personnes qui en souffrent, et malgré la fascination que procure lobservation du « cas » et le fait de savoir que le « malade » en souffre autant quil fait souffrir les autres, on préfère en général, si on est sensible (et donc vulnérable) finir par tourner les talons, ayant assez à faire avec soi-même. Que penses-tu dun ami qui se donne peu de peine pour « aimer les autres comme ils sont » et ne se gène pas du tout pour leur faire brutalement savoir, et qui dans le même temps considère comme allant de soi que le reste du monde subisse son comportement doriginal sans lui demander de mettre de leau dans son vin. Cest justement le cas auquel jai à faire en ce moment, et il me semble que dune certaine façon, tu ten rapproches.
Xix > Ab'alone (28/11)
Oups... Clarification : quand je dis "Cest justement le cas auquel jai à faire en ce moment" je ne parle pas du tien mais de celui d'un ami, à qui tu dois sans doute ressembler, ce qui m'a poussé à réagir. Me fais-je clair ?
Ab'alone > Xix (28/11)
Assez clair dans lensemble, et cette implacable mercuriale est pleine dintérêt. Tu serais étonné que je lavalisasse, et je me garderai de tétonner. Reprenons-la donc point par point, du moins ce que jen saisis : si je me plante, tu pourras toujours rectifier.
Dabord, cest ton affaire de tenir le public blog pour uniforme : il y a place ici pour tout le monde, et je nai ni le désir ni limpression de jouer dans la même cour que ceux qui publient des recettes de cuisine ou les scores du dernier Béziers-Ouagadougou. Ils ont le droit de vivre, et ce nest certes pas moi qui le leur contesterai, dès lors quils ne contestent pas le mien. Je nattends certes pas quune majorité se délecte de mes textes, et ceux qui trouvent la simple longueur dissuasive nont quà sen aller. Jai assez répété, ce me semble, et dans cet article même, que les foules de visiteurs ne mintéresseraient que par les chances supplémentaires quil sen trouvât un, un seul (une de préférence!), qui comprît et dialoguât de manière un peu moins condescendante que toi, si possible, mais cest déjà mieux que rien, et japprécie vivement ton franc-parler, même sil na pour principes que le désir de blesser et lillusion de supériorité que pour ta part tu me prêtes si généreusement. Ce qui me déplaît davantage, cest que le prétendu dévoilement du message secret : Aimez-moi, bande de cons! saccompagne de sa condamnation, selon le mode ordinaire de len fait tu je trouve ça ignoble. Il me semble quil faudrait attendre au préalable que jentérine ledit message, et ce nest pas le cas, il sen faut. Jai un peu chahuté quelques personnes qui, après une lecture hâtive, répondaient à autre chose que ce que javais écrit : induire de là un mépris de tous ceux qui pourraient répondre est une absurdité : pourquoi alors solliciterais-je sans relâche le dialogue, pourquoi même continuerais-je ce blog? Est-ce que, TOI, tu te sentirais con, ou, disons, opprimé en me lisant? Jai peine à le croire, attendu lOlympe depuis lequel tu me foudroies, mais je ne vois pas sur quoi dautre tu peux asseoir ton prétendu dévoilement non seulement du sentiment de gens qui ne tont pas mandaté, mais de mes intentions secrètes.
Et lon retrouve partout ce souci des positions respectives sur je ne sais quelle échelle : Qui est-il, pour nous éclabousser de son intimité? Mais personne, cest assez clair, quun solitaire et un raté : je nai pas de licence à exhiber, et si mon intimité téclabousse, tu nas quà passer ton chemin. Il se trouve quen tant que membre (atypique, peut-être) du public-blog, cest ce type dintimité torturée (et parfois agressive) que je recherche, qui me passionne, et je lai parfois trouvée. Si elle ne tapporte rien et si tu nen vois pas la finalité, je ne saurais que tapprouver de tourner les talons. Je me demande parfois si mon goût de curer les biefs et de mettre les lies au jour ne masque pas une forme de sadomasochisme, mais à voir comment tu tranches le cas sans te poser la moindre question, sans même remarquer, dirait-on, que cette volonté de vider la coupe pourrait prendre source dans un désir de transcendance et ce que jappelle optimisme profond, jai limpression que tu ne cherches quà prendre barre, et ne vois plus trop lintérêt dune pareille caricature de dialogue : sil ne sagit que de dire que mes textes sont shocking, pas sympa, et oppressifs quand on est obligé de recourir au Robert, je le savais, merci, passons! et attendons encore quelquun (car cest tout ce que jespère dun mec) qui veuille bien discuter les thèses et arguments proposés sur des sujets tout de même assez divers, quelquun quéventuellement (eh oui! jusque là va mon outrecuidance!) jaiderais à lire en lui-même, à se dépasser à charge de revanche! Le tout-à-lego, je lai assez répété, ne mintéresse même pas moi-même, sil ne concerne que moi. Mais personne nest obligé de se reconnaître. En revanche, je suis bien libre, moi qui naspire (ou crois naspirer) quà léchange (même sil est aussi combat, mais pas au combat SANS échange) dannoncer que je fermerai boutique dici peu si je ne lobtiens pas. À te lire, nul ny perdra rien.
Xix > Ab'alone (30/11
Bonjour,
Jai lu ta réaction à mon message et il me semble quil y a eu incompréhension. En toute bonne foi, je ne visais pas du tout à te blesser ni à te « foudroyer » du haut dun Olympe quelconque. Aucun désir de "m'en payer une tranche" en toute gratuité. Jai de lestime pour ton travail, et nulle part nai écrit quil pouvait disparaître sans que personne sen porte plus mal. Je voulais simplement avancer les raisons qui de mon point de vue, font que tu as moins davis en retour que tu ne le souhaites (cest le propos de larticle auquel je répondais non ?). Faut croire que je nai pas su exposer clairement mes propos, et de ton côté tu nes peut-être pas épargné du phénomène de « lecture hâtive » comme tu lappelles. Je suis sincèrement désolé si tu as pris cela pour une invective.
Je ne me sens ni con ni opprimé en lisant tes textes, que ce soit leur « longueur » complexe ou « léclaboussure dintimité ». Sans quoi je ne reviendrais pas si fréquemment. Mais cest un fait que ton blog est moins accessible que dautres plus « communs » (et donc plus intéressant à mon goût). Et quand je dis que tu «éclabousses», je ne parle pas de mon cas mais je cherche à comprendre ce qui peut rebuter les gens à te sauter au cou. Tu exhibes dans tes textes une vérité très crue, une souffrance non seulement narrée mais bien réelle. Bravo pour cela, maintenant tu parles souvent de la mort de manière intime encore une fois, et cest là un sujet délicat sur lequel les lecteurs (y compris « ceux qui te comprennent ») réfléchissent à deux fois avant de « balancer un com ». Cet inconnu qui parle de suicide, on ignore quelle distance il met entre ses propos et ses actes et on sen voudrait davoir une influence dans un sens ou dans un autre. Cest un exemple, mais cette intimité fait partie des raisons pour lesquelles on peut sabstenir de te faire savoir son avis : pudeur, prudence, ou simplement sentiment quon nest pas légitime pour ouvrir sa gueule.
Alors oui, ceux qui naiment pas nont quà sen aller, je suis entièrement daccord. Cest sans doute ce quils font, sans laisser de commentaire.
Enfin, pour ce qui est du « message secret », je ne cherchais quà te signaler que sans t'en rendre compte sans doute, tu libellais tes appels à léchange sur un ton dissuasif, qui laisse penser que tu nes pas si ouvert à léchange. Entre les lignes, on lit que tu nes pas particulièrement « chaleureux », et même assez dur avec certains qui réagissent (jen suis la preuve !). Je ne suis pas seul à avoir trouvé ça (cf. Claudia Chiffon) et je suis surpris que cela tétonne puisque je tai déjà lu avouer que tu te fâchais facilement avec les gens. Nul nest tenu dêtre « chaleureux », je ne le suis pas non plus et les gens prennent souvent cela pour de la prétention. Je ne tincrimine pas du tout de cela, simplement cela peut justifier que là encore les gens ne laissent pas de commentaires.
Cest cela qui me poussait à te dire que tu me paraissais de ces personnes exagérément sensibles au jugement extérieur alors même quelles se permettent davoir la dent dure avec les autres. Doù ma comparaison avec cet ami, qui pour avoir un besoin constant de parler de lui, et pour être ultra-sensible à ce quon approuve ce quil est, ne se retient pas pour dénigrer systématiquement ce que font ceux qui lécoutent. Je ne dis pas ça comme une insulte mais comme un éclaircissement possible sur toi-même, une piste à explorer, dans la réserve où je peux connaître quelque chose de toi. Nest-ce pas justement ce dont tu parles : écrire pour sentreaider à lire en soi ? Je suis certain que ce paradoxe dans ton ouverture aux autres ne t'est pas tout à fait étranger : tu poses toi même ces questions à la fin de ton message : « moi qui naspire (ou crois naspirer) quà léchange » : aspires-tu en effet "de tout coeur" à cet échange que tu invoques, y es-tu réellement prêt ? Nas pas jusquà présent été « prof » indécrottable vis-à-vis des autres ? Et quand tu dis vouloir « aider quelquun à lire en lui-même, à charge de revanche », tu crois véritablement au « à charge de revanche » ? Quant à léchange-combat, na-t-on pas intérêt, quand il apparaît, à le prendre pour « combat sans échange » et à le fuir, pour fuir léchange lui-même ?
Il serait bien sûr présomptueux et ridicule de croire « touvrir les yeux » et te cerner en quelques questions. Je ne te connais pas, et mon âge relativement jeune ne me met certainement pas en meilleure position que toi pour comprendre quoi que ce soit. Ce ne sont que des pistes que je te donne et je serais simplement soulagé que tu me croies quand je dis que mon précédent message ne visait pas à te dénigrer, voire heureux que tu acceptes ce présent mail comme « échange », en passant outre lindélicatesse de mon intrusion.
Cordialement.
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