Ils disent même pu bonjour
XXXVIème émission de Finkielkraut consacrée aux "incivilités écolières". Au menu, un proviseur pas trop handicapé du cortex, et un jeune prof bien-disant qui a crié "le Lycée brûle" dans "Le Monde" parce qu'une poubelle incendiée avait déclenché sa réflexion. Une Réflexion qui ne risque pas, elle, de mettre le feu à la baraque, car on l'a déjà entendue ne serait-ce que
partout : il faut réoccuper l'espace, ne pas laisser les ados seuls, miser sur le Lien, non sur la Répression. Hon hon : vivre avec eux, et tout ça
"Et s'il refuse d'enlever sa casquette?"
Le sang s'en gèle, Angèle! Et les deux invités de proposer leurs "solutions"
Est-il si chimérique d'en souhaiter un troisième qui s'interrogerait, lui, sur la nécessité de cette "manifestation de courtoisie"? Qui essaierait, rien qu'un tout petit peu, de faire le départ entre les lois régies par la réciprocité, et ces "règles" d'airain qui n'ont d'autre légitimité que celle qu'elles tirent des habitudes du législateur adulte? Pas un collègue, jamais, n'a été fichu de m'expliquer en quoi garder son couvre-chef en classe ou y mâcher du chewing-gum constituait une NUISANCE : on courait de tautologie en dérobade, de "C'est comme ça, c'est la politesse, c'est le Respect" à "S'ils mastiquent, ils ne peuvent pas bien prononcer l'anglais". Je ne prétends pas y aller de mon désherbant total, et éradiquer l'ivraie des méchants cons, qui est vivace. Mais il me semble qu'on ferait quelques pas dans ce sens si l'on se posait au moins ces questions : POURQUOI cherché-je à imposer cette loi? Est-ce pour le bien de la collectivité, ou pour me faire plaisir, et m'exalter moi-même? LUI, le "jeune", est-ce que ça le gênerait que je ne lui disse pas bonjour? Même les sombres brutes se sentent obscurément dans leur tort quand elles volent, frappent et tuent, parce que ça ne les enchante pas qu'on les tue, frappe ou vole. Mais on peut balancer des bordées de "gros mots" ou ne pas desserrer les dents, tout en restant parfaitement kantien, et ceux d'entre nous qui n'ont pas oublié leur jeunes apnées subodorent qu'amalgamer des actes objectivement nuisibles et des manquements à des codes situés, datés et discutables pourrait être plus contre-productif encore que de fourrer en vrac crack et shit dans le sac "drogue" : quand dire "merde!" et casser une tête sont condamnés d'une même bêlante voix, on a tendance à jeter le bébé avec l'eau du bain. TOUS les ados, je ne sais; mais tous ceux avec qui j'en ai causé respecteraient mieux vos règles si elles étaient respectables, et se justifiaient par un autre objectif que celui de courber les échines, sur l'air nauséeux de "ne discute pas, papa a raison", carrément dégueulatoire quand les grosses caisses du "contrat citoyen" assurent l'accompagnement.
Que le tri soit facile, certes pas. Il n'y a pas de définition "objective" de l'intolérable, et je n'ai risqué l'adverbe que par facilité. Tolérer, c'est TOUJOURS, d'une manière ou d'une autre, tolérer l'intolérance, et la seule attitude cohérente serait de tout accepter. Ma tenue capillaire ne te revient pas? Garçon, une tondeuse! La tête non plus? Une guillotine! Évidemment ça n'est pas viable. Et d'autant moins que les rapports adultes/ados ne sauraient être égalitaires, notamment dans le cadre scolaire, à moins qu'on ne considère le désir d'apprendre comme une donnée naturelle, "assassinée" par l'école, ce que je rétice à concéder : que trente gamins eussent envie de se faire des nuds au cerveau à la même heure sur le même problème, ça tiendrait du prodige; mais je crois qu'ils consentiraient plus aisément à respecter le travail d'autrui, ou même leur propre intérêt à long terme, si cet impératif n'était pas inextricablement associé aux diktats du pouvoir-pour-le-pouvoir. Finkielkraut : "Ils s'habillent n'importe comment!" Gasp!!! Ce gars-là a vieilli de deux siècles depuis le "Nouveau désordre amoureux". Dites qu'un nichon dénudé peut distraire du cours, on en discutera. Mais la Règle de s'habiller "bien" en soi, c'est à dire comme vous, ne mérite aucune considération.
Le jeune scout pèse alors sur la manivelle à comprenette, et déplore que le primaire lui envoie des gens qui ne savent pas lire, donc ne pigent rien, nécessairement s'ennuient, et sont portés à chahuter : larmichette hypocrite sur la copie Mais là encore, on "comprend" ou ne comprend pas, on "travaille" ou non, jamais l'utilité de ce "travail" et des programmes n'est réexaminée. Et je ne parle pas de cette utilité étroite, professionnelle, dont les élèves accablés d'ennui voudraient faire le seul critère, salué par les profs de ricanements de mépris auxquels ils n'ont aucun droit. Qui ne voit en effet, à part eux, qu'au bout de vingt ans de "champs lexicaux", de "signes d'énonciation", de "schémas actanciels" et autres "situations de communication", les cours de français sont devenus non seulement inutiles, mais le lieu où l'on DÉSAPPREND à lire, à écrire et à penser, si par miracle on savait faire tout ça, pour se bourrer le crâne d'un psittaco-jargon grotesque, Dieu merci oublié quinze jours après le bac, et JAMAIS opérationnel? Épargnons le reste, qui n'est pas de ma compétence, ces cours de langues à l'issue desquels on n'est pas foutu de retrouver sa direction dans les rues de Londres ou de Madrid, ces épargnons, vous dis-je! Mais en français, je sais de quoi je parle, et vois désormais avec terreur EN CHAIRE, partout, des calamiteux "formés" de la sorte, et bornés comme c'est pas permis. "Ils ne comprennent plus un énoncé de physique", tu m'étonnes! Et au lieu de se demander CE QU'IL FAUT enseigner, dans quel BUT, à chaque réformette un quarteron de "spécialistes" nous enfonce plus avant dans la semoule du formalisme, avec une seule réponse à toutes les cancreries, non pas faire autre chose, et bazarder ces balivernes, mais faire plus facile. "Sieu, l'héraldique, ça sert à rien. T'inquiète, on va la simplifier." Réponse pertinente s'il en fut! Ce qui est accablant, ce n'est pas qu'on s'ennuie en classe, et qui n'est pas neuf : c'est qu'on a RAISON de s'ennuyer.
Que le tri soit facile, certes pas. Il n'y a pas de définition "objective" de l'intolérable, et je n'ai risqué l'adverbe que par facilité. Tolérer, c'est TOUJOURS, d'une manière ou d'une autre, tolérer l'intolérance, et la seule attitude cohérente serait de tout accepter. Ma tenue capillaire ne te revient pas? Garçon, une tondeuse! La tête non plus? Une guillotine! Évidemment ça n'est pas viable. Et d'autant moins que les rapports adultes/ados ne sauraient être égalitaires, notamment dans le cadre scolaire, à moins qu'on ne considère le désir d'apprendre comme une donnée naturelle, "assassinée" par l'école, ce que je rétice à concéder : que trente gamins eussent envie de se faire des nuds au cerveau à la même heure sur le même problème, ça tiendrait du prodige; mais je crois qu'ils consentiraient plus aisément à respecter le travail d'autrui, ou même leur propre intérêt à long terme, si cet impératif n'était pas inextricablement associé aux diktats du pouvoir-pour-le-pouvoir. Finkielkraut : "Ils s'habillent n'importe comment!" Gasp!!! Ce gars-là a vieilli de deux siècles depuis le "Nouveau désordre amoureux". Dites qu'un nichon dénudé peut distraire du cours, on en discutera. Mais la Règle de s'habiller "bien" en soi, c'est à dire comme vous, ne mérite aucune considération.
Le jeune scout pèse alors sur la manivelle à comprenette, et déplore que le primaire lui envoie des gens qui ne savent pas lire, donc ne pigent rien, nécessairement s'ennuient, et sont portés à chahuter : larmichette hypocrite sur la copie Mais là encore, on "comprend" ou ne comprend pas, on "travaille" ou non, jamais l'utilité de ce "travail" et des programmes n'est réexaminée. Et je ne parle pas de cette utilité étroite, professionnelle, dont les élèves accablés d'ennui voudraient faire le seul critère, salué par les profs de ricanements de mépris auxquels ils n'ont aucun droit. Qui ne voit en effet, à part eux, qu'au bout de vingt ans de "champs lexicaux", de "signes d'énonciation", de "schémas actanciels" et autres "situations de communication", les cours de français sont devenus non seulement inutiles, mais le lieu où l'on DÉSAPPREND à lire, à écrire et à penser, si par miracle on savait faire tout ça, pour se bourrer le crâne d'un psittaco-jargon grotesque, Dieu merci oublié quinze jours après le bac, et JAMAIS opérationnel? Épargnons le reste, qui n'est pas de ma compétence, ces cours de langues à l'issue desquels on n'est pas foutu de retrouver sa direction dans les rues de Londres ou de Madrid, ces épargnons, vous dis-je! Mais en français, je sais de quoi je parle, et vois désormais avec terreur EN CHAIRE, partout, des calamiteux "formés" de la sorte, et bornés comme c'est pas permis. "Ils ne comprennent plus un énoncé de physique", tu m'étonnes! Et au lieu de se demander CE QU'IL FAUT enseigner, dans quel BUT, à chaque réformette un quarteron de "spécialistes" nous enfonce plus avant dans la semoule du formalisme, avec une seule réponse à toutes les cancreries, non pas faire autre chose, et bazarder ces balivernes, mais faire plus facile. "Sieu, l'héraldique, ça sert à rien. T'inquiète, on va la simplifier." Réponse pertinente s'il en fut! Ce qui est accablant, ce n'est pas qu'on s'ennuie en classe, et qui n'est pas neuf : c'est qu'on a RAISON de s'ennuyer.
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