Trois voies d'accès au bonheur
Hou là là, ça va paaaas! Ma plaie à la calebasse? La croûte se solidifie, merci, et le cuir chevelu est peu innervé. Quelque velléité d'assommer de calottes mon nullard de banquier, dont le "placement de père de famille" m'a fait perdre une brique en deux mois, et qui ose persifler au bigophone : "Je vous croyais indifférent à ces choses"? Ne jouons pas les grands seigneurs : "ces choses" m'escagassent, si décidé que je me croie à devancer l'appel, à claquer avant épuisement des fonds. Mais enfin ce genre de désagrément s'éponge en deux jours. La stagnation de la production, elle, est plus préoccupante, et chaque matin ajoute sa couche sédimentaire : ça vient chichement, et c'est mauvais : il faut le voir en face, comme écrivain, je suis fini avant d'avoir commencé. Bah! Sans lectorat, de toute façon, aucune différence entre la Somme Après Quoi Tout Est Dit et les cahiers blancs du papa de Colette si ce n'est, peut-être, que la première prend du temps, et que si je renonce au gribouillis je ne saurai plus quoi faire de mes jours
Bon Dieu! Si je trouvais une fillette en solde, aux puces ou chez Gibert, même timbrée, même autiste, y aurait pas photo! Comment je vous laisserais choir cet écritoire de mes deux! Plous oune mot, entendez-vô? Même pas une bafouille au percepteur! Mais il faut composer avec le possible
grandir un peu! Je me demande si les "lunettes roses" que je colle d'autor sur le nez des nanas, ce ne sont pas plutôt celles de l'adulte, qui aurait saisi qu'il ne faut pas trop demander à la vie, et surtout pas "la" vérité
et si cette exigence que je prête aux mâles n'est pas celle des adolescents, parfois TRÈS attardés. Réponse : jamais!
D'ailleurs il y a des parcelles de vieillard en moi, et pas seulement physiques. Par exemple, je crois avoir compris que le bonheur ne se cherche pas, mais se décrète. Cf. "Bagatelles" : "Ici, cher confrère, TOUT-VA-BIEN!" Pas d'autre procédé qui vaille sauf aux moments où la déprime frappe dans l'ombre, c'est-à-dire aux seuls où une thérapie serait utile! Le problème, c'est que je reste infecté de psychanalyse-prisunic, et la méthode Coué tout embarrassée de recherches sur les origines du mal-être. Suffirait de trancher avec Pascal : "Jai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi; le bien et le mal de mes affaires même y fait peu"; mais je m'obstine à chercher des causes, ayant d'ailleurs maintes fois expérimenté qu'un bon état des lieux, même désespérant, allège le désastre. Au fond je suis déchiré entre deux incompatibles voies d'accès au bonheur : l'une consistant à se changer, et l'autre à s'accepter. La révolution ou la résignation. L'objectif des constats, c'est de se rendre caducs : que les "châteaux de l'âme", percés à jour, s'écroulent. Et qu'à la faveur de cet écroulement la communication avec l'autre s'établisse. Remarquez que c'est présumer qu'en mes tares gise le nud, donc faire bon marché des vôtres C'est donc TROIS voies qu'il faut distinguer, comme au pays de Tendre : un, obtenir l'objet du désir; deux, désirer autre chose, et de préférence se satisfaire du peu qu'on possède : SOIT, deux a, par remodelage authentique, SOIT, deux b, par décret. Voilà qui est bien charabiesque à force d'abstraction : je me comprends, mais ça ne saurait suffire. Illustrons-le donc, ce galimatias. L'objet par excellence du désir, pour moi, c'est l'"anima soror in corpore pulchro", avec qui mourir en montagne, mais ce n'est pas particulièrement pressé, ni même obligatoire : on peut mettre à l'étude un bout de vie avant. Un million de lecteurs, ça n'aurait à mes yeux que ce sens-là : un million de chances de plus de tomber sur "la bonne". Mais est-ce que ça existe vraiment, "l'âme-sur", à moins de la rêver à 9O%? Est-ce que cette obtention-là ne serait pas suivie de satiété et de dégoût, comme toutes les autres? Surtout, est-ce que j'ai la moindre chance, moi, qu'elle se pointe? Le boulevard des éditeurs est en travaux sine die; la venelle des blogs terriblement étroite; et dans la rue, je n'existe pas. N'empêche qu'il suffit que je devine l'ombre d'une qui ressemble au fantasme pour que tous les baraquements construits à Résignation sur Détresse s'envolent au vent, et que les six ou dix mois de ma vie où j'ai cru voir le rêve se réaliser sont les seuls que j'aie pleinement vécus.
Deuxième voie : c'est quoi, ce délire? D'où vient ce besoin d'un papa en forme de gamine? Voyons un peu et l'enfance, l'enfance, l'enfance à outrance! Je ne vous l'épargnerai pas, si nous cheminons encore un peu de compagnie. L'ennui, c'est que cette méthode-là ne marche pas : j'ai passé des décennies à me scruter l'ombilic, résultat : des pages, c'est-à-dire des clous, ou pis encore : quand je croyais m'être "compris" jusqu'au trognon, non seulement les blocages résistaient, mais ils s'aggravaient! Ce qui ne surprendrait pas le Pr Kugelhopf : il est bien connu, spas, qu'on ne se psychanalyse pas soi-même. Et à peu près aussi connu à présent que lorsqu'on psychanalyse les autres ils ne s'en portent guère mieux.
Troisième voie, assez proche de la cure tut-tut ou thérapie bof-bof couramment pratiquée par cher Autrui : "Ta gueule! Arrête de t'écouter! T'as des ravioli dans ton assiette, un toit au-dessus de ta tête, de quoi vivre quelque temps à ne rien faire et bouquiner tout le jour. Personne qui dépende de toi; une liberté théorique à peu près totale. Et tu te plains! Mossieu a des vapeurs! Je refuse de te prêter l'oreille. Âme-sur? Pi quoi encore? Tu t'imagines qu'ils en ont, les autres, des âmes-surs? Chacun pour soi et Quedalle pour tous!" Discours un peu fruste, mais ordinairement efficace. Quoi merdouille donc aujourd'hui? Peut-être ce blog, qui, bien que je m'interdise d'y consacrer plus qu'un bout de nuit, a pris, de par l'effacement de tout le reste, une place centrale, et dont mon cur commence à se déprendre Post coitum animal triste, et même sine coito
D'ailleurs il y a des parcelles de vieillard en moi, et pas seulement physiques. Par exemple, je crois avoir compris que le bonheur ne se cherche pas, mais se décrète. Cf. "Bagatelles" : "Ici, cher confrère, TOUT-VA-BIEN!" Pas d'autre procédé qui vaille sauf aux moments où la déprime frappe dans l'ombre, c'est-à-dire aux seuls où une thérapie serait utile! Le problème, c'est que je reste infecté de psychanalyse-prisunic, et la méthode Coué tout embarrassée de recherches sur les origines du mal-être. Suffirait de trancher avec Pascal : "Jai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi; le bien et le mal de mes affaires même y fait peu"; mais je m'obstine à chercher des causes, ayant d'ailleurs maintes fois expérimenté qu'un bon état des lieux, même désespérant, allège le désastre. Au fond je suis déchiré entre deux incompatibles voies d'accès au bonheur : l'une consistant à se changer, et l'autre à s'accepter. La révolution ou la résignation. L'objectif des constats, c'est de se rendre caducs : que les "châteaux de l'âme", percés à jour, s'écroulent. Et qu'à la faveur de cet écroulement la communication avec l'autre s'établisse. Remarquez que c'est présumer qu'en mes tares gise le nud, donc faire bon marché des vôtres C'est donc TROIS voies qu'il faut distinguer, comme au pays de Tendre : un, obtenir l'objet du désir; deux, désirer autre chose, et de préférence se satisfaire du peu qu'on possède : SOIT, deux a, par remodelage authentique, SOIT, deux b, par décret. Voilà qui est bien charabiesque à force d'abstraction : je me comprends, mais ça ne saurait suffire. Illustrons-le donc, ce galimatias. L'objet par excellence du désir, pour moi, c'est l'"anima soror in corpore pulchro", avec qui mourir en montagne, mais ce n'est pas particulièrement pressé, ni même obligatoire : on peut mettre à l'étude un bout de vie avant. Un million de lecteurs, ça n'aurait à mes yeux que ce sens-là : un million de chances de plus de tomber sur "la bonne". Mais est-ce que ça existe vraiment, "l'âme-sur", à moins de la rêver à 9O%? Est-ce que cette obtention-là ne serait pas suivie de satiété et de dégoût, comme toutes les autres? Surtout, est-ce que j'ai la moindre chance, moi, qu'elle se pointe? Le boulevard des éditeurs est en travaux sine die; la venelle des blogs terriblement étroite; et dans la rue, je n'existe pas. N'empêche qu'il suffit que je devine l'ombre d'une qui ressemble au fantasme pour que tous les baraquements construits à Résignation sur Détresse s'envolent au vent, et que les six ou dix mois de ma vie où j'ai cru voir le rêve se réaliser sont les seuls que j'aie pleinement vécus.
Deuxième voie : c'est quoi, ce délire? D'où vient ce besoin d'un papa en forme de gamine? Voyons un peu et l'enfance, l'enfance, l'enfance à outrance! Je ne vous l'épargnerai pas, si nous cheminons encore un peu de compagnie. L'ennui, c'est que cette méthode-là ne marche pas : j'ai passé des décennies à me scruter l'ombilic, résultat : des pages, c'est-à-dire des clous, ou pis encore : quand je croyais m'être "compris" jusqu'au trognon, non seulement les blocages résistaient, mais ils s'aggravaient! Ce qui ne surprendrait pas le Pr Kugelhopf : il est bien connu, spas, qu'on ne se psychanalyse pas soi-même. Et à peu près aussi connu à présent que lorsqu'on psychanalyse les autres ils ne s'en portent guère mieux.
Troisième voie, assez proche de la cure tut-tut ou thérapie bof-bof couramment pratiquée par cher Autrui : "Ta gueule! Arrête de t'écouter! T'as des ravioli dans ton assiette, un toit au-dessus de ta tête, de quoi vivre quelque temps à ne rien faire et bouquiner tout le jour. Personne qui dépende de toi; une liberté théorique à peu près totale. Et tu te plains! Mossieu a des vapeurs! Je refuse de te prêter l'oreille. Âme-sur? Pi quoi encore? Tu t'imagines qu'ils en ont, les autres, des âmes-surs? Chacun pour soi et Quedalle pour tous!" Discours un peu fruste, mais ordinairement efficace. Quoi merdouille donc aujourd'hui? Peut-être ce blog, qui, bien que je m'interdise d'y consacrer plus qu'un bout de nuit, a pris, de par l'effacement de tout le reste, une place centrale, et dont mon cur commence à se déprendre Post coitum animal triste, et même sine coito
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