Mon lot
Y en a qui promèn' leur mystère
Sur tout' les pistes de la terre
À la recherch' d'un lieu qu'ils soient seuls à connaître
À la recherch' d'un coin où l'on s'emmerde moins
Dès qu'ils sont quelque part ils dis' Faut que j' me barre
Quand ils sont arrivés c'est toujours comme ailleurs.
Y en a qui pour voir moutonner
À leurs pieds une mer d'échines
Promett' à leurs bidass' plus d' bidoch' dans l' rata
Promett' aux électeurs le SMIG à dix-mill' balles
Et puis sortis des urnes ou sortis d'un bain d' râles
Pass' leur temps à trembler qu'on leur pique l'état.
Moi j'ai jamais strugglé
Ma chamb' donn' sur la cour
Et quand j' command' j' fais rigoler
Moi mon lot c'est l'a-
boulie du stylo
C'est d' me d'mander
Pourquoi j'écrirais ça plutôt que son contraire
Et pourquoi son contrair' plutôt qu' n'importe quoi
Et pourquoi j'écrirais au lieu d'aller m' prom' ner.
Y a la cohorte larmoyante
De ceux qui peuv' pas s' consoler
D'avoir perdu Popaul d'avoir perdu Bébé
Et us' d'un guéridon pour rester en r'lations
Ils se sentent moins seuls quand l' mort leur dit Ta gueule
Et ça leur fait du bien de lui répond' Sal' con.
Y a ceux qui ne song' qu'au pognon
Qui lui consacr' un' vie austère
Trimant comm' des bagnards et dînant d'un quignon
Et puis laiss' le magot à l'époux adultère
Qui va bien s'arranger pour tout dilapider
En attendant qu' la mort à son tour le libère.
Mais moi c'est con à dir' je crois pas aux fantômes
Et j'ai envie de rien que l'on puisse acheter
J' m'en fous
D'entasser pour mourir ou bien d' ressusciter
Moi mon lot c'est l'a-
boulie du stylo
C'est d' m'enivrer le soir
De sévérités éternelles
Et de leur dire adieu quand passent les poubelles.
Y en a un pourcentage à taire
Qui pour trouver la volupté
S'adonn't à l'homicide et cuisin' des pâtés
Avec la chair des fils pour les offrir aux mères
Qui ne peuvent bander que dans les cimetières
Et de plaies et de boss' n' sont jamais rassasiés.
Y a les collectionneurs
D'ailes de mouch' ou d' porte clefs
Y a les amoureux les joueurs
Et les violeurs et les drogués
Et les révolutionnaires
Qui combatt' pour la liberté
Moi ces gens-là j' les comprends guère
Mais j' les énumère
C'est un d' mes procédés
Pour que l' papier qui m' désespère
Ne soit plus du papier
L'astronef Prose-ou-Vers
Décoll'ra Décoll'ra pas
Les paris sont ouverts
Moi j'y crois j'y crois j'y crois
C'est mon lot à moi.
Sur tout' les pistes de la terre
À la recherch' d'un lieu qu'ils soient seuls à connaître
À la recherch' d'un coin où l'on s'emmerde moins
Dès qu'ils sont quelque part ils dis' Faut que j' me barre
Quand ils sont arrivés c'est toujours comme ailleurs.
Y en a qui pour voir moutonner
À leurs pieds une mer d'échines
Promett' à leurs bidass' plus d' bidoch' dans l' rata
Promett' aux électeurs le SMIG à dix-mill' balles
Et puis sortis des urnes ou sortis d'un bain d' râles
Pass' leur temps à trembler qu'on leur pique l'état.
Moi j'ai jamais strugglé
Ma chamb' donn' sur la cour
Et quand j' command' j' fais rigoler
Moi mon lot c'est l'a-
boulie du stylo
C'est d' me d'mander
Pourquoi j'écrirais ça plutôt que son contraire
Et pourquoi son contrair' plutôt qu' n'importe quoi
Et pourquoi j'écrirais au lieu d'aller m' prom' ner.
Y a la cohorte larmoyante
De ceux qui peuv' pas s' consoler
D'avoir perdu Popaul d'avoir perdu Bébé
Et us' d'un guéridon pour rester en r'lations
Ils se sentent moins seuls quand l' mort leur dit Ta gueule
Et ça leur fait du bien de lui répond' Sal' con.
Y a ceux qui ne song' qu'au pognon
Qui lui consacr' un' vie austère
Trimant comm' des bagnards et dînant d'un quignon
Et puis laiss' le magot à l'époux adultère
Qui va bien s'arranger pour tout dilapider
En attendant qu' la mort à son tour le libère.
Mais moi c'est con à dir' je crois pas aux fantômes
Et j'ai envie de rien que l'on puisse acheter
J' m'en fous
D'entasser pour mourir ou bien d' ressusciter
Moi mon lot c'est l'a-
boulie du stylo
C'est d' m'enivrer le soir
De sévérités éternelles
Et de leur dire adieu quand passent les poubelles.
Y en a un pourcentage à taire
Qui pour trouver la volupté
S'adonn't à l'homicide et cuisin' des pâtés
Avec la chair des fils pour les offrir aux mères
Qui ne peuvent bander que dans les cimetières
Et de plaies et de boss' n' sont jamais rassasiés.
Y a les collectionneurs
D'ailes de mouch' ou d' porte clefs
Y a les amoureux les joueurs
Et les violeurs et les drogués
Et les révolutionnaires
Qui combatt' pour la liberté
Moi ces gens-là j' les comprends guère
Mais j' les énumère
C'est un d' mes procédés
Pour que l' papier qui m' désespère
Ne soit plus du papier
L'astronef Prose-ou-Vers
Décoll'ra Décoll'ra pas
Les paris sont ouverts
Moi j'y crois j'y crois j'y crois
C'est mon lot à moi.
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